L’anglais progresse dans l’État québécois, déplore le SFPQ
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Le SFPQ accueille avec consternation les constats du Commissaire à la langue française en matière d’exemplarité de l’État rendu public aujourd’hui dans son rapport L’exemplarité de l’État : l’obligation de réussir. Dans son rapport, le commissaire constate qu’un glissement vers le bilinguisme institutionnel s’est opéré alors que l’État aurait dû être exemplaire depuis la récente réforme de la loi 101. « Les services publics en anglais offerts sur demande, de façon généralisée et non pas sur la base d’exceptions bien définies, ça signifie que dans les faits, le français n’est pas la véritable seule langue officielle du Québec. Quand il y a des consignes de travail qui font qu’il y a systématiquement deux langues en usage dans les services publics, c’est plutôt le règne du bilinguisme institutionnel et ça vient avec l’avancée de l’anglais dans notre coin d’Amérique du Nord », souligne Patrick Audy, vice-président du SFPQ.
Plusieurs des constats du Commissaire à la langue française sont navrants alors que le devoir d’exemplarité de l’État est formellement en vigueur depuis le 1er juin 2022 et certaines dispositions depuis le 1er juin 2023, constate le SFPQ. Parmi eux, une clause d’antériorité (« clause grand-père ») instaurée dans la dernière réforme de la loi 101 fait en sorte que toute personne qui correspondait en anglais avec un organisme de l’Administration avant le 13 mai 2021 peut continuer de réclamer un service en anglais sa vie durant, même si elle n’est ni Autochtone, ni de la minorité historique anglophone ayant droit à l’enseignement anglais, ni nouvelle personne arrivante. En raison de cette clause, le recours à l’anglais dans les grands organismes de service aurait d’abord dû plafonner, puis à tout le moins décliner très lentement au fil des années, rappelle le SFPQ.
Le Commissaire constate aussi une recrudescence de l’usage de l’anglais dans les organismes publics. Il était prévu que soient établis des mécanismes pour vérifier le statut des personnes admissibles aux exceptions pour recourir aux services en anglais, mais le ministre Jean-François Roberge a plutôt fait établir l’accès généralisé aux services en anglais, moyennant une possible attestation de bonne foi. Dans un système vocal interactif, il s’agit alors d’appuyer sur une touche, comme un « Press 9 ». Ou encore, de changer sa langue de communication dans son dossier en ligne et de passer aux services en anglais. Résultat de ce passe-droit généralisé? L’usage de l’anglais a non pas stagné ou très faiblement diminué ces dernières années dans certains grands organismes publics du Québec, mais il a augmenté de plusieurs centaines de milliers d’usagers. Et dans certains grands organismes, le recours à l’anglais va même en s’accélérant, déplore le SFPQ.
« C’est en contradiction totale avec ce qui avait pourtant été annoncé par ce gouvernement pour l’exemplarité de l’État et l’utilisation exclusive du français, sauf exception. On annonçait de grandes avancées pour le français, mais par manque de volonté politique de ce gouvernement pour une mise en œuvre concrète du devoir d’exemplarité de l’État dans l’usage du français, c’est plutôt l’usage de l’anglais qui progresse dans l’État québécois. Le SFPQ avait sonné l’alarme, mais n’avait pas été écouté. Quelques années après les effets d’annonce de ce gouvernement qui promettait enfin une exemplarité de l’État pour le français, faute de courage et d’écoute, en réalité, c’est l’anglais qui a progressé au gouvernement du Québec. Voilà le vrai bilan des ministres de la Langue française de la CAQ; c’est gênant. Merci au Commissaire de la langue française de nous avoir révélé cette duperie et proposé des pistes de correction adéquates », conclut monsieur Audy.
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