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Consultation sur fonction publique et parapublique au temps de la COVID-19

Une nouvelle situation : la généralisation du télétravail 

Alors que le télétravail était plutôt rare dans la fonction publique et parapublique avant la pandémie, la consultation révèle que 75 % des personnes répondantes travaillent désormais totalement ou en partie de la maison. Cette généralisation du télétravail n’est cependant pas uniforme entre les différentes accréditations représentées par le SFPQ. Ainsi, si le télétravail est pratiqué par 87 % des personnes répondantes de Revenu Québec (ARQ), cette proportion n’est que de 26 % pour la SÉPAQ et seulement de 2 % chez les ouvriers. Chez ces derniers, 84 % des personnes répondantes travaillent dans leur milieu de travail habituel, à l’extérieur ou sur la route.

Quel énoncé s'applique à votre situation actuelle?

Je travaille seulement de la maison (télétravail) 52 %
Je réalise une partie de ma tâche à la maison et une partie de ma tâche dans mon milieu de travail habituel 22 %
Je travaille seulement dans mon milieu de travail habituel 15 %
Je travaille surtout à l’extérieur ou sur la route 3 %
Je suis officiellement en congé avec traitement pour une raison en lien avec la COVID-19 2 %
Je suis absent(e) du travail pour une raison qui n’est pas liée à la COVID-19 (congé parental, congé personnel, arrêt maladie, etc.) 2 %
Je suis officiellement en télétravail, mais mon employeur ne m’a confié(e) aucune tâche 2 %
J’ai été réaffecté(e) dans un autre milieu de travail (veuillez préciser) 1 %
J’occupe un poste occasionnel ou saisonnier et je n’ai pas été rappelé(e) au travail 1 %

Bien que très répandu au sein de l’accréditation des fonctionnaires (79 %), on constate une grande variation de pratiques entre les ministères et les organismes (M/O) en matière de télétravail. Ainsi, si le télétravail est devenu la norme à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) (90 %) et à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) (94 %), cela reste moins habituel au ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) (68 %) et à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) (56 %).

En milieu de travail : des mesures de prévention jugées suffisantes

Malgré cette nouvelle tendance, une forte proportion des travailleuses et des travailleurs (40 %) doivent toujours travailler dans leur milieu de travail habituel, à l’extérieur ou sur la route. Dans ces cas, 78 % des personnes répondantes ont affirmé que l’employeur a pris des moyens suffisants pour protéger son personnel. Les principales lacunes observées par les personnes répondantes dans les milieux de travail concernent la distanciation physique entre collègues (35 %), la disponibilité d’équipements de protection personnelle (29 %) ainsi que la désinfection des outils de travail ou des espaces partagés (28 %).

Un nombre non négligeable de personnes répondantes croient cependant que les tâches actuellement réalisées en milieu de travail habituel ou sur la route pourraient être accomplies à distance. Ainsi, si seulement 17 % de ces personnes pensent qu’elles pourraient faire toutes leurs tâches en télétravail, 41 % sont d’avis qu’au moins une partie de celles-ci pourraient être accomplies à distance. Lorsque les personnes répondantes ont demandé d’effectuer leurs tâches en télétravail et que cette demande a été refusée, leur employeur a généralement justifié ce refus en invoquant le manque de disponibilité des équipements (nombre d'ordinateurs, faiblesse du réseau, etc.) ou bien le besoin d’avoir accès à des documents physiques comme des lettres, des dossiers, etc.

Télétravail : une flexibilité appréciée, mais plusieurs irritants

La grande majorité des personnes répondantes sont plutôt satisfaites ou même très satisfaites de leur situation en télétravail, autant celles qui ne travaillent que de la maison (90 % de satisfaction) que celles qui combinent le travail à distance et dans leur milieu de travail habituel (84 % de satisfaction). Plus du tiers des personnes (36 %) ont remarqué une augmentation de leur autonomie professionnelle grâce au télétravail. Quelques effets négatifs ont néanmoins ressorti de la consultation : 42 % des personnes ont ressenti de l’isolement et 34 % ont remarqué une baisse de la qualité de la collaboration avec leurs collègues.

En ce qui concerne les tâches comme telles, la grande majorité des personnes répondantes affirment qu’elles n’ont pas significativement changé depuis qu’elles sont réalisées à distance (82 %). Pour ce qui est des outils de travail, la moitié des personnes répondantes affirment devoir utiliser au moins un de leurs outils personnels pour réaliser leur travail. Les deux outils les plus couramment utilisés sont l’ordinateur personnel (35 %) des personnes en télétravail et le téléphone personnel (39 %). Cette réalité est cependant fort différente d’un ministère ou organisme à l’autre. En effet, parmi les 11 établissements où plus de 50 personnes en télétravail ont répondu à notre questionnaire, certains se distinguent nettement. Au ministère de la Justice, 81 % des personnes ayant répondu au questionnaire affirment devoir utiliser leurs propres outils en télétravail, contre 68 % au MTESS, 69 % au MTQ, et 30 % à Revenu Québec.

Sur la question des impacts financiers du télétravail, 16 % des personnes répondantes affirment que le télétravail leur occasionne des excédents de coûts sur leur facture Internet ou leur facture de téléphone. Parmi ces personnes, seulement une toute petite proportion a demandé un remboursement de ces frais (8 %), principalement parce qu’elles ignoraient y avoir droit.

Les personnes en télétravail vivent aussi certaines difficultés techniques dans la réalisation de leurs tâches. Le quart des personnes répondantes éprouvent des difficultés d’accès au réseau à distance, une proportion qui atteint 59 % au ministère de la Justice, 41 % au MTESS et 37 % à la SAAQ. En outre, un certain nombre de personnes ne disposent pas d’une bonne connexion Internet à la maison (21 %), d’un espace de travail suffisant ou adapté (33 %) ou encore doivent partager leurs outils de travail avec d’autres membres de leur famille (13 %).

Sur le plan de l’ergonomie, plusieurs enjeux liés au développement à long terme de troubles musculosquelettiques sont à souligner : près de la moitié des personnes répondantes qui travaillent de la maison affirment ne pas bénéficier d’un environnement adapté (44 %), les trois quarts travaillent sur un portable (75 %) et 61 % n’ont pas accès à une chaise ajustable.

Combiner les responsabilités familiales et professionnelles en temps de pandémie : une équation à géométrie variable

Près de la moitié (47 %) des personnes sondées qui expérimentent le télétravail notent un meilleur équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle. À l’inverse, environ le quart (23 %) constatent quant à elles une dégradation de cet équilibre. Cet impact négatif est légèrement plus marqué pour les personnes qui assument des responsabilités familiales (26 %) et surtout pour celles qui doivent composer avec la présence de jeune(s) enfant(s) à la maison durant les heures de travail (33 %). Le télétravail peut donc avoir des effets inverses sur l’équilibre des différentes sphères de la vie, en fonction de la situation personnelle et familiale des travailleuses et des travailleurs.

Parmi toutes les personnes répondantes qui assument une responsabilité familiale, le quart (25 %) ressentent de la détresse actuellement en raison de la difficulté à combiner leur travail et leurs responsabilités familiales; cette détresse est particulièrement ressentie (41 %) par les personnes dont le(s) jeune(s) enfant(s) n’avaient pas réintégré l’école ou le service de garde au début du mois de juin. Ces personnes sont aussi plus nombreuses à constater que la question du partage du temps de travail engendre des tensions dans leur famille (38 %). Si près des deux tiers des hommes répondants dont le(s) jeune(s) enfants sont à la maison peuvent compter sur un autre adulte pour en assumer la charge pendant leurs heures de travail (65 %), c’est le cas d’à peine le quart des femmes répondantes dans la même situation (24 %). Il s’agit d’un écart majeur, qui reflète les inégalités persistantes dans le partage des responsabilités familiales. Par ailleurs, si les femmes dans cette situation sont plus nombreuses à avoir obtenu une réduction de leurs heures de travail en raison de leur charge familiale (28 % des femmes répondantes contre 15 % pour les hommes), elles sont aussi plus nombreuses à devoir travailler le soir ou la fin de semaine pour compenser (24 % des femmes contre 19 % des hommes).

Portrait de l'échantillon

Au total, 2 567 personnes ont rempli le questionnaire, ce qui donne un échantillon de taille significative, représentant 7,5 % de l’ensemble des personnes cotisantes au SFPQ. Les régions de Québec ‒ Chaudière-Appalaches et de Montréal ‒ Laval ‒ Montérégie représentent chacune environ un tiers de l’échantillon, une proportion qui reflète leur importance relative au sein du SFPQ.

La majorité des personnes répondantes sont des femmes (76 %), âgées de plus de 35 ans (81 %) et n’occupant aucun poste électif au sein du SFPQ (88 %). Les fonctionnaires sont légèrement surreprésentés(es) dans l’échantillon. Près de la moitié des personnes sondées assument une responsabilité familiale (45 %); parmi ces personnes, plus du tiers (36 %) devaient composer avec la présence d’un jeune enfant (âge primaire ou préscolaire) à la maison au début du mois de juin, au moment de répondre au questionnaire.