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Télétravail - Démarche improvisée et dépourvue de crédibilité

Mardi 6 janvier 2026

Le 3 décembre dernier, la présidente du Conseil du trésor a annoncé son intention de modifier unilatéralement la Politique-cadre en matière de télétravail afin d’imposer un minimum de trois (3) jours de présence au bureau, et ce, dès la fin janvier 2026. Dans la foulée, le Secrétariat du Conseil du trésor (SCT) a transmis une correspondance visant à amorcer une « démarche de consultation », en exigeant le dépôt de commentaires au plus tard le lundi 5 janvier. Dans ce contexte, et considérant le délai très court ainsi que la période des Fêtes, le SFPQ a choisi de mener une consultation rapide de ses membres afin de documenter leur réalité et d’appuyer son intervention.

La consultation a pris la forme d’un court sondage en ligne. Elle s’est tenue du 12 au 18 décembre et a recueilli 7 031 réponses, provenant de membres de l’accréditation Fonctionnaires issus de l’ensemble des ministères et organismes. L’objectif était double : recueillir l’opinion des répondantes et répondants sur l’imposition de trois jours en présentiel et documenter les effets anticipés de cette décision sur leur travail et leurs conditions de vie.

Les constats sont nets

D’abord, une majorité rejette les justifications avancées par le SCT : 68 % sont en désaccord avec l’idée que l’augmentation du présentiel améliore la collaboration et la cohésion d’équipe; 76 % sont en désaccord avec l’argument voulant que le présentiel rende le travail sur des dossiers complexes ou transversaux plus fluide; et 85 % sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle le présentiel réduit les délais de décision. L’intégration des nouveaux collègues est le seul élément pour lequel on observe une adhésion plus mitigée (46 % plutôt en accord, 20 % plutôt neutres).

Ensuite, l’expérience concrète du présentiel ne correspond pas aux bénéfices invoqués : 30 % des répondantes et répondants estiment que les journées au bureau n’offrent jamais une valeur ajoutée claire, et 32 % répondent rarement; plusieurs indiquent que ces journées sont surtout consacrées à des tâches individuelles (58 %) et à des rencontres en visioconférence (22 %). À cela s’ajoutent des enjeux d’espaces de travail (notamment en contexte de milieux de travail axés sur les activités), qui nuisent à la concentration et à la confidentialité.

Enfin, les effets anticipés d’un passage à trois jours sont majoritairement négatifs : 87 % prévoient une hausse du stress et de la fatigue, 82 % une détérioration de la conciliation travail–vie personnelle, 63 % une baisse de la productivité individuelle, 71 % une diminution de l’intention de rester en poste, et 75 % une baisse de l’attractivité de la fonction publique pour le recrutement.

À la lumière de ces résultats et des enjeux soulevés, le SFPQ réitère son opposition à la décision du SCT et demande le maintien des paramètres actuels, notamment deux (2) jours de présence hebdomadaire.

Enfin, le SFPQ a déposé des recours afin de contester le caractère inadéquat de cette démarche, que nous considérons comme une « fausse consultation » compte tenu du contexte, des délais imposés et de l’annonce préalable des mesures et de leur entrée en vigueur.

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