SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

Déchiffrer l'intelligence artificielle


Depuis quelques années maintenant, l’intelligence artificielle (IA) est fréquemment discutée dans les médias qui s’intéressent à l’informatique, mais aussi dans ceux qui s’intéressent à l’évolution du monde du travail. On désigne généralement les technologies et techniques algorithmiques qui imitent le cerveau humain et ses fonctions cognitives comme étant de l’intelligence artificielle. Pensons à la reconnaissance d’images, de sons, de tendances, etc.

Des logiciels sont aujourd’hui capables d’apprendre par eux-mêmes à partir de grandes bases de données afin de résoudre un problème, c’est ce qu’on appelle l’apprentissage automatique. C’est une révolution importante qui nous a donné, à ce jour, divers outils toujours plus performants. Pensez aux assistants personnels comme Siri ou Google Home, par exemple, mais également au système automatisé des douanes dans certains aéroports. Ces technologies intelligentes sont rendues possibles grâce à deux phénomènes récents : les objets connectés (téléphones, montres, caméras, etc.) et les informations rendues disponibles par les réseaux sociaux, qu’on regroupe dans de grandes bases de données.


Ces technologies sont prometteuses dans plusieurs domaines. Pensons notamment au domaine du diagnostic médical où, après avoir analysé des milliers de cas, les logiciels issus de l’apprentissage automatique sont aujourd’hui plus performants que les meilleurs spécialistes pour détecter un cancer. Malgré leurs nombreux bienfaits, les impacts de ces technologies sur les sociétés dépendront des usages que les humains décident de développer.

Certains usages potentiels posent des enjeux importants, notamment en matière de protection des renseignements personnels et du droit à la vie privée, mais aussi en matière de substitution d’emplois. Par exemple, des systèmes d’IA existent pour faire des procès-verbaux à partir d’un objet connecté qui est ouvert durant une réunion; le système reconnaît les mots, différencie les interlocuteurs, fait la ponctuation, etc. Évidemment, cette technologie influencera grandement le travail de plusieurs agents de secrétariat. Cela signifie-t-il des pertes d’emplois? De la substitution d’emplois?

S’il est trop tôt pour connaître précisément l’impact de ces technologies sur l’ensemble du marché du travail, il est encore plus difficile d’essayer d’en évaluer l’impact sur les corps d’emploi présents dans l’administration publique québécoise, car, à ce jour, rares sont les projets d’IA en développement au gouvernement du Québec. Mais difficile ne signifie pas impossible!

Projet de recherche en cours

Le SFPQ a donc entrepris un projet de recherche, depuis l’automne 2017, afin de comprendre le phénomène réel au-delà des fabulations et hypothèses qui meublent encore trop souvent le discours ambiant.

Nous entreprenons maintenant une phase prospective (note 1) de recherche afin d’étudier comment ces technologies influenceront le travail des fonctionnaires, plus spécifiquement celui des opérateurs et des techniciens informatiques qui, selon notre hypothèse, seront les premiers touchés lors de l’introduction de telles technologiques intelligentes.

Par exemple, certaines administrations publiques utilisent des chatbots intelligents pour offrir le service de support informatique aux usagers (c.-à-d. les fonctionnaires). Ainsi, le changement d’un mot de passe oublié durant les vacances, par exemple, ne nécessite plus l’intervention d’un technicien informatique; ce dernier intervient dorénavant sur des opérations plus complexes. C’est du moins la promesse de ce type de technologie : dégager du temps aux travailleurs et travailleuses en éliminant les tâches répétitives et formatées.

Le but de la recherche du SFPQ est simple et complexe à la fois : comprendre comment les tâches des employés informatiques du gouvernement seront transformées et quel programme est souhaitable pour que le personnel des technologies informatiques du gouvernement puisse prendre le virage, et non être tout simplement remplacé par de nouvelles ressources « ayant l’expertise requise (note 2)».

L'opportunité de développer une expertise interne en prévision de l’implantation de solutions d’IA au gouvernement du Québec, c’est maintenant!


Pour réaliser ce projet de recherche, nous allons former des groupes de travail composés de techniciens informatiques et d’opérateurs informatiques en provenance de tous les ministères et de tous les secteurs d’activités informatiques (soutien aux usagers, programmation, exploitation des données, etc.).


Nous avons donc besoin de vous!
Si vous aimez réfléchir sur l’évolution de votre travail; si vous êtes intéressés par les technologies IA; si vous êtes créatifs, ouverts et disponibles pour quatre séances de travail (de deux à trois heures), vous êtes la personne que nous recherchons! Ces rencontres auront lieu à Québec, en soirée (ou un jour de week-end). Les participants seront consultés pour déterminer l’horaire leur convenant le mieux.

Les candidats retenus recevront 300 $; les dépenses reliées à leur déplacement aux séances de travail leur seront remoboursées.

À ce moment-ci, nous lançons un appel à toutes les personnes intéressées à se manifester. Envoyez-nous un courriel avec votre nom, vos coordonnées, votre champ d’activité informatique, votre ministère d’appartenance et vos préférences de disponibilités (soir, week-end) sachant que les rencontres auront lieu à la fin de l’hiver/début du printemps 2019.

Par la suite, selon les candidatures reçues, nous composerons les groupes de discussion en suivant les critères suivants :

  • Occupe un emploi de technicien ou d’opérateur informatique (obligatoire);
  • Représentation la plus large possible de ministères;
  • Représentation de tous les champs d’activités informatiques;
  • Équilibre entre employés expérimentés et nouveaux employés;
  • Équilibre homme-femme.
  • L’après-recherche

    Le projet de recherche se terminera en 2020, avec le dévoilement public du rapport final dans les semaines précédant le Congrès général du SFPQ. Les participants à cette instance débattront alors des conclusions du rapport et des avenues de solutions proposées pour assurer une transition au personnel informatique. De même, ils débattront de l’évolution des autres corps d’emploi présents dans la fonction publique et de la possibilité de faire des travaux de recherche complémentaires.

    Au printemps 2020, les intentions de l’administration publique à propos de l’IA à titre de solutions à implanter dans la fonction publique devraient être plus claires qu’actuellement.



  • Note 1. Définition de « Prospective »
  • Note 2. Argument très souvent utilisé pour justifier le recours à la sous-traitance informatique au gouvernement du Québec.