SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

/ Radio-Canada

Grande Bibliothèque : les employés manifestent contre l'interdiction de porter le carré rouge

Les employés de la Grande Bibliothèque de Montréal, qui sont sans contrat de travail depuis un an, manifestent mardi pour dénoncer l'interdiction de porter le carré rouge sur leur lieu de travail.

Dans une lettre adressée au PDG de la Grande Bibliothèque, Guy Berthiaume, le président du syndicat des employés précise que « ce carré rouge n'a d'autre valeur que cette accessibilité aux études ».

« Depuis quelques jours, les chefs de service demandent à ces employés - de manière non officielle - de ne plus porter ce carré rouge, car ils ne respecteraient pas l'obligation de neutralité qu'implique le service à la clientèle dans une institution gouvernementale », explique Jean-François Sylvestre.

M. Sylvestre concède que ce symbole « peut constituer une image controversée ». « Mais devons-nous reculer, oublier notre identité sous couvert de neutralité dès lors qu'un sujet de société a été décrété comme suspect par une idéologie qui est au pouvoir et qui contrevient aux droits et traités internationaux? », demande-t-il.

« Le respect des uns (les usagers) doit-il nécessairement passer par le silence des autres (vos employés)? Trop souvent dans ce monde le silence a causé violence et oppression. [...] Notre voix est désormais réprimée de toute part : 35 heures par semaine sur notre lieu de travail suite à vos consignes, dans nos rues par la police, dans les médias de masse qui l'ostracisent, dans les médias sociaux avec la loi 78. Nous sommes au bord de l'asphyxie! » — Lettre du président du syndicat des employés de la Grande Bibliothèque

M. Sylvestre souligne par ailleurs que d'autres employés du gouvernement, notamment ceux de la SAQ, essayent de défendre le port du carré rouge avec le soutien de leur syndicat, alors que les professeurs des cégeps et des universités - aussi employés de l'État - n'ont pas reçu d'interdiction de le porter.

Il conclut en demandant au PDG de la Grande Bibliothèque ce qu'il adviendrait si le gouvernement fédéral présentait une loi pour abroger le droit à l'avortement. « Toutes les femmes qui composent nos services publics devront-elles oublier qu'elles sont des femmes sous prétexte qu'elles travaillent pour le gouvernement et qu'elles sont au service à la clientèle? », lance-t-il.

Sans contrat depuis un anLe contrat de travail des quelque 400 employés représentés par le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) est échu depuis le mois de juin 2011.

En janvier dernier, tous les employés de Bibliothèque et Archives nationales du Québec s'étaient prononcés en faveur d'un accroissement des moyens de pression pouvant mener à une grève.

Les 10 séances de négociations avaient jusque-là achoppé sur de nombreux points, dont le statut et les conditions de travail des employés surnuméraires.

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