SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

/ Finances publiques

Un budget de promesses pour tenter de faire oublier l’austérité

Après une réduction massive du personnel et des mesures d'austérité qui ont mis à mal les services publics partout au Québec, les promesses de réinvestissement contenues dans le budget déposé aujourd’hui laissent un goût amer, selon le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).  Après la saignée des dernières années et après avoir engrangé des milliards de dollars, le gouvernement annonce des investissements et des embauches dans certains ministères et organismes, constate le SFPQ.

Le SFPQ estime que l’absence de réinvestissements importants dans l’ensemble des ministères et organismes, autre que la santé et l’éducation, se fera au prix de nouvelles diminutions de personnel. Depuis l’élection du gouvernement de Philippe Couillard en 2014, les effectifs de la fonction publique dans les ministères et organismes au Québec ont chuté entre 4 % et 11 %, selon les régions. Le personnel à temps complet représenté par le SFPQ qui offre des services directs à la population a fondu de plus de 3 500 postes équivalents à temps complet durant la même période.

« C’est nettement insuffisant pour maintenir les services dans toutes les régions du Québec. La fonction publique demeure encore et toujours le parent pauvre de ce budget. Les ministères et organismes devront continuer d'en faire plus avec moins. Les effectifs sont au plus bas depuis plus de 10 ans alors que la population et les besoins ne cessent d’augmenter. Déjà, la Régie du logement ferme ses portes plusieurs fois par mois dans certaines villes par manque de personnel. Revenu Québec et la Société de l'assurance automobile du Québec diminuent graduellement les services disponibles au comptoir. Le ministère de l'Environnement n'est plus en mesure de remplir ses objectifs d'inspection. Sans personnel supplémentaire pour rebâtir ses ministères et ses organismes, le gouvernement continuera de gérer le risque et demeurera en mode réaction plutôt qu’en mode prévention. Personne au Québec n’est dupe : le gouvernement libéral a instauré des mesures d’austérité en début de mandat, pour ensuite redonner des baisses d’impôt à la veille des élections. Le gouvernement de Philippe Couillard tente d'utiliser ce budget pour redorer son image, mais il continuera de limiter l’accès des citoyennes et des citoyens à des services publics de qualité », estime Christian Daigle, président général du SFPQ.

Parmi les promesses de ce budget, il y a la consolidation de l’expertise de l’État et une diminution de la dépendance aux entreprises privées dans certains domaines. Le gouvernement promet d’embaucher du personnel pour les ressources informatiques, des techniciens en travaux publics et des ouvriers pour recouvrir l’expertise dans la conception d’infrastructures routières et du déneigement des routes. « Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Couillard nous annonce ces embauches, car nous l’avions prévu via des ententes lors de la dernière négociation. Québec tente depuis plusieurs années de recouvrer son expertise, mais n’est pas attractif sur le plan salarial. Qui voudra venir travailler au gouvernement du Québec pour un salaire moindre que dans le secteur privé ou un autre palier de gouvernement ? L’an dernier, le ministère des Transports a tenté d’embaucher du personnel pour déneiger les autoroutes de Montréal, mais n’a pas réussi en raison des conditions de travail inférieures. Si le passé est garant de l’avenir, cela s’annonce bien mal pour le recrutement à l’interne », signale monsieur Daigle.

Le SFPQ déplore que ce gouvernement ait choisi la vieille tactique de couper dans les services en début de mandat pour ensuite saupoudrer des baisses d’impôts. Bien que la volonté d’exiger des géants du web, comme Netflix, de percevoir la taxe de vente du Québec soit un pas dans la bonne direction, le gouvernement Couillard aurait pu faire preuve de plus d’audace en adoptant de nouvelles mesures pour financer adéquatement les services publics. Il aurait, par exemple, pu mettre en œuvre de nouvelles politiques fiscales pour récupérer les centaines de milliards détournés dans les paradis fiscaux, créer un régime entièrement public d’assurance médicaments ou encore économiser des centaines de millions de dollars en diminuant le recours à la sous-traitance dans le secteur de l’administration, du déneigement ou de l’informatique. « Le gouvernement de Philippe Couillard cherche à faire oublier l’austérité qu’il a lui-même imposée et qui a fait mal inutilement aux citoyennes et citoyens, en plus d’avoir malmené les travailleuses et les travailleurs des services publics qui offrent chaque jour ces services à la population », conclut monsieur Daigle.

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