SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

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Budget 2017-2018 : Surplus budgétaire et baisses d’impôts sur les dos des services publics

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) estime que les baisses d’impôts à saveur électoraliste annoncées lors du dévoilement du budget provincial auront un impact négatif sur les services offerts à la population. Le SFPQ estime que l’absence de réinvestissements importants dans les ministères et organismes se fera au prix de nouvelles diminutions de personnel, lesquelles auront un impact direct sur les services à la population. « Le saupoudrage d’argent que l’on fait ailleurs qu’en santé et en éducation est insuffisant. C’est un « plaster » sur le mal causé par l’austérité des dernières années. Les citoyens se retrouveront à dépenser les faibles baisses d’impôts consenties pour obtenir des services au privé ou encore pour payer l’augmentation des tarifs des services publics imposés par le gouvernement Couillard », estime Christian Daigle, président général du SFPQ.

Encore une fois cette année, le gouvernement Couillard propose une croissance des dépenses dans la fonction publique nettement insuffisante pour maintenir des services publics de proximité, constate le SFPQ. Depuis l’élection du gouvernement de Philippe Couillard en 2014, les effectifs de la fonction publique dans les ministères et organismes au Québec ont chuté entre 4 et 10 %, selon les régions.

« C’est sous l’ère Couillard que l’on a fermé les bureaux régionaux du Conseil du statut de la femme, du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) et du ministère de l’Immigration, de la diversité  et de l’inclusion (MIDI). Les Centres locaux d’emploi (CLE) peinent à offrir tous les services de proximité et les mesures d’aide à l’emploi sont même amputées dans ce budget. Sans personnel supplémentaire pour rebâtir ses ministères et organismes, le gouvernement continuera de gérer le risque et demeurera en mode réaction plutôt qu’en mode prévention.  Par exemple, le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (MTQ) ne pourra regagner son expertise avec suffisamment d’ouvriers et de techniciens, notamment pour reprendre le contrôle sur le déneigement. Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques MDDELCC) ne sera toujours pas en mesure de rencontrer ses objectifs d'inspection, ni même le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) avec l’inspection des viandes », constate monsieur Daigle.

Le SFPQ déplore que ce gouvernement saupoudre des baisses d’impôts dans des visées purement électoralistes au lieu de faire preuve d’audace en adoptant de nouvelles mesures pour financer les services publics. Ainsi, il aurait pu choisir de s’attaquer de façon plus soutenue aux paradis fiscaux où sont détournés des centaines de milliards de dollars, de créer un régime entièrement public d’assurance médicaments pour épargner un milliard de dollars et d’économiser des centaines de millions de dollars en diminuant significativement le recours à la sous-traitance dans le secteur de l’administration, du déneigement ou de l’informatique, entre autres. « Avec ce budget, le gouvernement de Philippe Couillard démontre une fois de plus son manque d’initiative pour financer les services publics et son absence de respect pour la fonction publique québécoise et ses travailleuses et travailleurs qui offrent chaque jour des services essentiels à la population », conclut monsieur Daigle.

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