Le recours à la sous-traitance par le gouvernement du Québec entraîne des coûts supplémentaires très élevés, pouvant aller jusqu’au double du prix par rapport à l’exécution du travail par le personnel de la fonction publique. Le recours à la sous-traitance dans le secteur des services et de la construction représente plus de 8 000 contrats totalisant plus de 4 milliards de dollars annuellement.

Au fil des ans, ce phénomène s’est répandu, car c’était la solution facile à l’interdiction d’embaucher du personnel dans la fonction publique tout en maintenant les services publics offerts. Or, cette façon de faire s’avère être la plus onéreuse pour les contribuables malgré qu’on leur ait laissé croire qu’en diminuant la taille de la fonction publique, on réduisait les coûts du gouvernement.

Dans les faits, le gouvernement s’est placé dans une situation de vulnérabilité parce qu’il a choisi de couper dans ses effectifs. Le personnel de la fonction publique quitte pour la retraite sans être remplacé, une expertise précieuse est alors perdue et les jeunes se tournent vers d’autres employeurs offrant de meilleures conditions de travail. Les entreprises privées ont alors beau jeu d’exiger des sommes élevées pour faire ce que le gouvernement n’est plus en mesure de faire.

Plusieurs études ont démontré qu’il est systématiquement plus cher d’avoir recours à la sous-traitance pour des activités récurrentes comme c’est le cas dans plusieurs secteurs d’activités de l’État. Pensons au support aux usagers dans le domaine informatique ou encore à l’accueil et l’intégration des immigrants qui ne sont pas des activités susceptibles de prendre fin bientôt et qui, pourtant, sont sous-traités systématiquement.

La dépendance de l’État vis-à-vis ses fournisseurs entraîne d’autres problématiques qui se transforment en gaspillage de deniers publics : échéanciers retardés, projets annulés, contrats dont la facture explose durant la réalisation, frais juridiques pour régler des litiges entre le gouvernement et les sous-traitants, frais administratifs pour gérer la sous-traitance dans les ministères ou une éventuelle collusion entre firmes privées.

Les citoyens ont tout à gagner à freiner le recours à la sous-traitance, encore faut-il que le gouvernement démontre sa volonté de mettre en place des salaires concurrentiels pour attirer et retenir son personnel.

5 secteurs d'activités
où la sous-traitance coûte jusqu'au double du prix

Informatique
Construction
(Entretien des routes)

Repas dans les prisons
Travaux sylvicoles
Aide à l'emploi