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Sortir l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec de la fonction publique : une fausse bonne idée

Québec, le 6 février 2018 – Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) est préoccupé par la volonté de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), de sortir son personnel des paramètres de la Loi sur la fonction publique. Dans un avis déposé aujourd'hui à la commission parlementaire mandatée pour étudier le projet de loi no°150 - Loi concernant principalement la mise en œuvre de certaines dispositions des discours sur le budget du 17 mars 2016 et du 28 mars 2017, le SFPQ reconnait la nécessité pour l'ITHQ de développer de nouveaux horizons, mais estime que cette « modernisation » ne doit pas se faire au détriment des droits des travailleuses et des travailleurs de l'organisation. « Si la Loi sur la fonction publique pose effectivement certaines contraintes, c'est parce qu'elle assure le respect des principes de base de l'État de droit de même que l'intégrité de la fonction publique et de son personnel. Elle permet donc l'égalité d'accès de toutes les citoyennes et de tous les citoyens à la fonction publique, l'impartialité et l'équité affectant les fonctionnaires, la contribution optimale des diverses composantes de la société québécoise de même que la prise en compte des attentes exprimées par les citoyens », indique le président général du SFPQ, Christian Daigle.

Le SFPQ déplore l'orientation choisie de l'ITHQ qui est une tendance lourde depuis quelques décennies dans l'administration publique et qui demeure une fausse bonne idée. « La direction de l'ITHQ se plaint qu'elle a de la difficulté à recruter et maintenir du personnel et c'est effectivement le cas. Toutefois, cela s'inscrit plus largement dans le problème de sous-rémunération des employés de la fonction publique québécoise : 77 % des effectifs affichent un retard salarial face aux autres salariés québécois. Les difficultés de recrutement au sein de la fonction publique et de l'ITHQ ne pourront être réglées que lorsque le gouvernement du Québec réinvestira massivement dans ses services publics afin de revaloriser le rôle essentiel des employés de l'État », explique monsieur Daigle.

Malgré la « marge de manœuvre » revendiquée par l'ITHQ, le SFPQ rappelle que cet Institut restera un organisme public soumis aux obligations de la Loi sur l'administration publique. Le Conseil du trésor maintiendra donc un contrôle serré sur les effectifs de l'Institut tandis que son budget restera aussi grandement tributaire des fonds publics et des subventions gouvernementales. « Si certains gains financiers sont envisageables en fin de compte, il ne faut pas oublier que 70 % des revenus de cet organisme sont issus de subventions des gouvernements des différents paliers gouvernementaux. La sortie de la fonction publique ne sera donc pas la panacée promise par la direction de l'ITHQ » , constate monsieur Daigle.
Enfin, le SFPQ met en garde le gouvernement de refiler la facture découlant de l'amélioration des conditions d'embauche à l'extérieur de la Loi de la fonction publique aux étudiants de l'ITHQ et ainsi nuire à l'accessibilité à cette institution publique d'enseignement.

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