SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

/ Conditions de travail

Rémunération des salariés de l’État québécois - Le retard persiste

Loin d’être les «privilégiés» que certains prétendent, les employés de l’État québécois accusent un retard persistant sur le plan de la rémunération par rapport à l’ensemble des autres salariés québécois, déplore le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). L’organisation réagit ainsi au rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) rendu public ce matin. On y apprend notamment que le salaire versé pour un emploi comparable dans le secteur public québécois est inférieur de 13,9 % en moyenne par rapport au salaire octroyé partout ailleurs. Même si on prend en considération l’ensemble des avantages sociaux, l’écart sur le plan de la rémunération globale est de 8,6 % en défaveur de l’administration québécoise.

Pour le SFPQ, le gouvernement se place en situation de perte de l’expertise nécessaire au bon fonctionnement de ses ministères et organismes et à la livraison de services publics de haute qualité auxquels la population a droit. Si l’État québécois veut attirer et retenir l’expertise, il doit pouvoir se comparer avec tous les employeurs du marché de l’emploi, y compris ceux des secteurs municipal et fédéral. À cet égard, l’ISQ constate que le retard de la rémunération globale du secteur public québécois par rapport aux autres employeurs publics – les secteurs fédéral, municipal, universitaire et les sociétés d’État québécoises – s’établit dorénavant à 27,4 %.

Le groupe des ouvriers du secteur public demeure celui qui accuse le plus grand retard par rapport aux autres salariés. En ce qui concerne le salaire horaire, l’écart est de 33,2 % et en matière de rémunération globale l’écart est de 41,2 % avec les autres salariés québécois.

« Cette dégradation continue des conditions de travail des salariés de l’État est inquiétante. Elle laisse entrevoir des difficultés croissantes pour les ministères et organismes en matière de recrutement et de rétention du personnel qualifié. La rareté de la main-d’œuvre dans les années à venir risque d’amplifier ce phénomène comme nous l’avons constaté cet été alors que l’État n’a pas réussi à recruter des conducteurs de chasse-neige pour le déneigement des autoroutes à Montréal. Les conditions de travail n’étaient pas suffisamment attractives par rapport au secteur privé », rappelle Christian Daigle, président général du SFPQ.

Pour pallier le manque de personnel, le gouvernement a recours à la sous-traitance, ce qui contribue à dépouiller l’État de sa capacité de s’acquitter de ses missions. « Le SFPQ a fait la démonstration que la sous-traitance gouvernementale est non seulement généralement plus coûteuse, mais qu’en plus, elle entraîne un feu roulant de controverses et de scandales. Il n’est donc surtout pas question de baisser les bras. Nous allons déployer tous les efforts nécessaires pour redresser cette situation d’ici les prochaines négociations avec le gouvernement », affirme monsieur Daigle.

Le SFPQ est un syndicat indépendant qui regroupe environ 40 000 membres à travers le Québec, dont quelque 30 000 d'entre eux sont issus de la fonction publique québécoise et répartis comme suit : près de 26 000 employés de bureau et techniciens et environ 4 000 ouvriers travaillant au sein de divers ministères et organismes. Les 10 000 autres membres proviennent du secteur parapublic.

 

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