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« La modernisation » de Services Québec du ministre Blais : de la poudre aux yeux selon le SFPQ

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) tient à remettre les pendules à l’heure quant à l’annonce du ministre Blais concernant « l'optimisation et la modernisation de Services Québec ». Ce que le gouvernement propose, c’est un brassage de cartes, sans aucun ajout de ressources pour réellement améliorer les services publics en région. Le gouvernement se targue de vouloir améliorer les services. En fait, son but est plutôt de réaliser des dizaines de millions d’économies (économies nettes projetées de 42,5M$) sur le dos de son personnel et de la population avec le projet de Services Québec. « On commençait à avoir l’habitude de se faire dire que les coupures n’ont pas d’impact sur les services. Maintenant, le gouvernement ose prétendre que les coupures vont améliorer le service », s’insurge Christian Daigle, président général du SFPQ.

Depuis des années, nous assistons plutôt à un appauvrissement des services publics, particulièrement en région. La stratégie du gouvernement est de réduire de plus en plus les contacts entre la fonction publique et la population en fermant les bureaux des différents ministères et organismes, en réduisant les heures d’ouverture ou en centralisant les services administratifs. « Il ne faut pas se laisser berner par cette annonce : le gouvernement affirme vouloir assurer une présence gouvernementale partout sur le territoire, mais ce sera une présence superficielle, une « vitrine » pour faire bonne figure tout en continuant l’œuvre de démantèlement en arrière-plan », prévient Monsieur Daigle.

Au-delà de Services Québec, il suffit de jeter un œil sur le sort réservé aux différentes fonctions gouvernementales dans les régions pour comprendre que les dégâts sont déjà patents. Depuis trois ans, les effectifs de la fonction publique ont chuté de 5%, et ce, malgré l’augmentation de la population. Dans les régions du Québec, la baisse a été presque systématiquement plus marquée : en Abitibi (-8%), dans le Centre-du-Québec (-9%) et en Outaouais (-8%). Dans les centres locaux d’emploi, c’est 578 agentes et agents d’aide sociale et d’aide à l’emploi en moins sur le terrain depuis 2010, soit une baisse de 25,9% du personnel. Les bureaux régionaux du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et ceux du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur ont carrément fermé.

Des documents internes de Services Québec ne laissent d’ailleurs aucun doute sur l’intention du gouvernement de réduire progressivement l’offre de services à ceux « non disponibles par le Web ou le téléphone ». Et tant pis pour celles et ceux qui voudront rencontrer un être humain pour les aider dans leurs démarches auprès de l’État. D’ores et déjà, dans l’administration gouvernementale, la consigne est d’orienter systématiquement les citoyennes et les citoyens vers les services en ligne et le téléphone, un processus moins coûteux. C’est ainsi que dorénavant, dans les bureaux de nombreux ministères et organismes, les personnes qui se présentent sont dirigées vers un téléphone ou un ordinateur plutôt que de recevoir le service directement sur place. « La population a droit à des services publics complets, accessibles et de qualité, et non seulement des renseignements généraux et des services d’aiguillage vers Internet et le téléphone », a rappelé Christian Daigle.

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