SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

/ Journal de Montréal

Le gouvernement québécois change ses règles d'embauche

Le gouvernement du Québec offrira de meilleures conditions salariales et simplifiera le processus d'embauche dans l'espoir d'attirer de nouveaux employés dans la fonction publique.

 
Afin de contrer une pénurie de main-d'œuvre annoncée et devenir plus concurrentiel, Québec a présenté aux syndiqués de l'État une nouvelle stratégie de gestion des ressources humaines qui implique d'importants changements.

Dorénavant, le gouvernement reconnaîtra toutes les années d'expérience des candidats dès l'embauche pour leur permettre de gagner un salaire plus élevé.

«Le gouvernement faisait de grands “concours parapluie” en demandant trois ans d'expérience. Alors, une personne qui s'inscrivait avec 10 ans d'expérience n'était payée que pour trois ans d'expérience», a expliqué la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne.

Ainsi, cette personne sous-payée par rapport à son expertise devait courir le risque de faire son chemin à travers un dédale de promotions possibles pour améliorer son traitement salarial.

Mais, à l'avenir, des appels de candidatures plus spécifiques seront lancés pour des emplois en pénurie.

«Si un gestionnaire a besoin d'un ingénieur spécialisé en béton qui a 10 ans d'expérience, l'appel sera en fonction de ces critères, et la personne retenue sera payée pour 10 ans d'expérience, pas moins», a expliqué Mme Courchesne.

Plus cher

Ainsi, la ministre estime que le gouvernement pourra «rebâtir» et «garder» l'expertise de la fonction publique.

«Ça va nous coûter plus cher, mais nous devons être capables d'aller recruter l'expertise dont nous avons besoin, alors il faut prendre les moyens.»

Elle n'est pas en mesure de révéler les coûts qu'entraîneront ces changements, mais prédit que les contribuables y trouveront leur compte.

«Si on a les meilleures personnes aux bons endroits, je pense que nous allons faire des gains de productivité importants», a insisté Mme Courchesne, qui souhaite ainsi réduire le recours aux consultants, notamment en informatique.

«Si on fait de la sous-traitance à grande échelle, c'est ça qui coûte plus cher.»

Processus simplifié

De plus, les citoyens intéressés n'auront plus à s'inscrire à de multiples concours pour accéder à l'administration publique. Pour des emplois de même nature, l'aspirant n'aura qu'à subir un seul processus de qualification, après quoi son nom sera inscrit dans une banque unique, alors qu'il existe à l'heure actuelle 5000 listes de candidats dans l'administration publique.

«Ce sera plus souple, parce que là, les gens sont découragés d'aller vers la fonction publique, ils n'y croient plus.»

Les syndicats peu convaincus

Les syndicats des employés de la fonction publique accueillent le plan du gouvernement avec un enthousiasme modéré.

«C'est un beau projet, mais avec peu de moyens», a résumé Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Même son de cloche du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui se réjouit de la prise de conscience de l'État, alors que 5000 fonctionnaires ont pris leur retraite au cours des deux dernières années et que 42 % des effectifs ont plus de 50 ans.

«Enfin, on reconnaît qu'il y a péril en la demeure et qu'il faut faire quelque chose», a indiqué le président du SPGQ, Richard Perron.

Par contre, il déplore l'inexistence de cadre financier pour appuyer cette démarche, ainsi que le maintien de la politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique.

«Nous n'avons pas les moyens financiers des aspirations de cette stratégie-là, on reste avec un cadre rigide et inadéquat », a analysé M. Perron.

Pas de rétroactivité

Il aurait par ailleurs souhaité que la reconnaissance de l'expérience ne s'applique pas seulement aux nouveaux employés, mais aussi rétroactivement à ceux qui ont été embauchés depuis 2003.

«Il n'y a rien pour la rétention, et nos professionnels, une fois qu'ils sont formés, ils sont très tentés de partir au privé ou au fédéral, où ils ont de meilleures conditions.»

Malgré certaines réserves, Lucie Martineau salue tout de même le message envoyé par le gouvernement.

«Il veut être plus compétitif, il veut attirer des gens et on sait que nous allons avoir besoin de monde», a commenté la présidente du SFPQ.

Faux occasionnels

Mme Martineau, tout comme M. Perron, a par ailleurs signalé que les responsables du Conseil du trésor, lors de leur présentation, ont reconnu qu'il existait un problème de «faux occasionnels», ce qu'ils ont jugé encourageant.

«Ça, il faut que ce soit corrigé parce que cela a grugé la fonction publique. Quand ça fait sept ou huit ans que t'es occasionnel, tu t'en vas travailler ailleurs», a indiqué la présidente du SFPQ.

Si vous avez une question à adresser au SFPQ, prière d’utiliser ce courriel : communication@sfpq.qc.ca.

7 Commentaires
Richard Tremblay a écrit le :
Un autre mensonge libéral avant les élections pour tenter d'avoir les fonctionnaires de leur bord. La réalité, c'est l'absence totale de respect envers le personnel et l'incompétence des gestionnaires.
Anne-Marrie Giroux a écrit le :
Les salariés de la fonction publique ont obtenu des augmentations salariales ridicules lors des dernières négociations. En raison du problème d'embauche dans certains secteurs, le gouvernement a cependant réouvert quelques conventions collectives. Ingénieurs, avocats, juristes ont tous pu bénéficier de meilleures conditions salariales. Aucune offre dans ce sens pour les membres du Sfpq. Espérons que, cette fois, les babines suivront les bottines.
Manon Thériault a écrit le :
J'abonde dans le même sens que M. Tremblay. Le PLQ cherche désespérément à nous rallier, puisqu'il ne lui reste que très peu d'appuis dans la population. Pour ma part, c'est peine perdue; il aurait fallu qu'il (le PLQ) soit moins arrogants à notre endroit. Après qu'il se soit fait du capital politique pendant 9 ans sur notre dos; maintenant, il voudrait qu'on se rallie! C'est rire de nous ou de nous penser plus bêtes que nous le sommes!
Mario Tousignant a écrit le :
Le SFPQ devrait dénoncer l'embauche sélective car beaucoup sont déjà sur les LDA et les gestionnaires retournent en concours pour faire passer leur monde. Occasionnel ou permanent? pour la sécurité d'emploi ?, À quel prix ? on gagne de 30 à 50% de moins que les secteurs comparables
Sébastien Parent a écrit le :
Un couteau à deux tranchants ...Aller chercher des votes d'un côté et de l'autre diviser les gens syndiqués du SFPQ avec l'arrivée des autres qui auront un départ pas à l'échelon 1, mais selon leur expérience. Relations de travail...dégradation. Ce sera à nous tous (anciens et nouveaux) de se mobiliser afin que chacun y trouve son compte.
Marcotte a écrit le :
Je suis tout à fait d'accord avec vous tous!!! J'ai 2 diplômes universitaires, j'ai réussi plusieurs examens de professionnels du gouvernement, j'ai subi du harcèlement psychologique, identifié par le syndicat lui-même, je suis presque parfaitement bilingue, mais en 14 ans, je ne me suis jamais sentie reconnue ou appréciée. Les promotions sont pour les jeunes et le manque de reconnaissance et de respect pour les plus vieux qui ont encore du coeur au ventre et veulent apprendre et aider. Oui, ils font des examens maisons, une façon de nous tabletter. Qui en paye la facture au bout du compte??? Si cette loi est adoptée, elle arrive quand même trop tard semble-t-il.
Cyncia a écrit le :
Je trouve injuste que le secrétariat du conseil du trésor décide de faire une reconnaissance des diplômes pour des employés qui viennent d’arriver, je veux parler de ceux qui ont 1 an ou 2, alors que pour ceux qui sont là depuis plus longtemps, comme moi qui ai 4 ans de service, on ne nous a rien demandé. Leur avancement d’échelon a permis que maintenant ils gagnent mieux que nous et de plus c’est nous qui leur avons appris le travail. Je trouve qu’il devait réviser leur façon de faire car c’est très injuste et très peu équitable. Merci de me faire savoir ce qu’on peut faire pour éviter de se faire léser ainsi.