SFPQ - Syndicat de la fonction publique du Québec

Nous estimons que les économies potentielles issues d’une meilleure gestion du secteur des ressources informationnelles du Québec peuvent représenter jusqu’à 850 millions de dollars par année.

Globalement, selon ce que rapportent les médias, les investissements moyens annuels du gouvernement du Québec dans le domaine des technologies de l’information seraient d’environ 3 milliards de dollars.

De ce montant, près de la moitié est confiée au secteur privé par le biais de divers contrats. Cette pratique est en croissance depuis les vingt dernières années. De fait, dans la fonction publique, la part des dépenses consacrées aux consultants externes est passée de 26 % en 1997 à 55 % en 2012 (Source : Rapport Vérificateur général du Québec, novembre 2012). La place des contrats externes liés aux technologies de l’information dans les réseaux de la santé, de l’éducation, dans les municipalités ou dans la société d’État est plus difficile à établir, nous présumons qu’elle est globalement similaire.

L’utilisation de ressources externes coûte deux fois plus cher au gouvernement du Québec que d’embaucher son propre personnel. Ainsi, le taux quotidien d’un consultant privé se situe entre 400 et 950 dollars, alors que la rémunération globale pour l’emploi d’un employé de la fonction publique varie de 215 à 475 dollars (Source : Rapport Vérificateur général, novembre 2011)[1].

La dépendance du gouvernement du Québec à plusieurs licences de logiciels cause aussi des coûts additionnels importants qui doivent être questionnés (Source : Le Devoir, novembre 2011). Ce sont plusieurs dizaines de millions de dollars qui sont octroyés quasi automatiquement aux mêmes firmes, sans qu’on envisage réellement les alternatives potentielles.

De plus, il est difficile d’estimer le coût réel de plusieurs autres sources de gaspillage. Les échéanciers retardés, les projets annulés, les contrats dont la facture explose durant la réalisation ou une éventuelle collusion entre firmes sont tous liés à la dépendance de l’État vis à ses fournisseurs privés en ce qui concerne les technologies de l’information. Les exemples catastrophiques sont nombreux, mais seule une analyse détaillée de l’ensemble des contrats et de la réalité du marché permettrait d’y voir plus clair. Dans le secteur de la construction, cet éclairage est venu bien tard avec les conséquences que l’on connaît, espérons que nous n’attendrons pas aussi longtemps avant d’obtenir toute l’information sur ce qui concerne les ressources informationnelles.

Notre 850 millions $ est donc une estimation bien imparfaite : le gouvernement ne nous permet pas d’avoir une idée exhaustive des coûts en ce qui concerne les contrats en informatique. Pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène, une enquête publique est donc indispensable. 

DÉTAILS DU GASPILLAGE INFORMATIQUE ANNUEL DE 850 MILLIONS $

— 2 328 767 $ par jour

— 97 032 $ par heure

— 1 617 $ par minute

— 27 $ par seconde

Notez que, le 1er janvier 2015, le compteur marquait zéro.



[1] La rémunération globale est constituée de trois éléments soit : la rémunération directe (salaire, remboursement de congés maladie non-utilisés), la rémunération indirecte (assurances collectives, régimes de retraite, régimes étatiques et compensation pour congés familiaux) ainsi que les heures de travail (heures régulières, heures chômés payées). La comparaison du vérificateur général inclue tous ces éléments pour comparés le coût du travail réalisés par les employés du gouvernement et le tarif des consultants externes.