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Livre vert sur la forêt - La décentralisation des pouvoirs ne doit pas servir de prétexte à un délestage des responsabilités de l’État

Rouyn-Noranda, le 7 mai 2008 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Rouyn-Noranda, la présidente générale du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Mme Lucie Martineau, a présenté les conclusions du mémoire du Syndicat préparé dans le cadre de la consultation sur le livre vert du ministre Claude Béchard portant sur l’avenir du régime forestier québécois. À cet occasion, Mme Martineau était accompagnée du président régional du SFPQ (Abitibi – Témiscamingue – Nord-du-Québec), Gabriel Bédard.

D’entrée de jeu, la leader syndicale s’est dit en accord avec la volonté gouvernementale de décentraliser vers les régions une plus grande part de responsabilités en matière de gestion de la forêt. En ce sens, le SFPQ souhaite voir émerger au Québec un modèle de décentralisation qui servirait les humains et les milieux où ils vivent. Pour cela, le développement durable et l’approche écosystémique doivent être au cœur du projet de réforme forestière. Par contre, a prévenu Lucie Martineau, la décentralisation de toutes formes de responsabilités ne serait ni légitime, ni productive si elle ne visait qu’à délester l’État de responsabilités coûteuses ou difficiles à assumer pour les régions.

Selon le SFPQ, il importe de donner aux régions les moyens de prendre en main la concertation des différents intervenants, la planification du développement forestier et la mise en valeur des forêts, notamment en leur confiant la réalisation des plans d’action annuels. Par contre, il est impératif que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) conserve et intensifie ses fonctions de suivi et de contrôle des activités de planification, d’exploitation et d’aménagement forestier. Ce faisant, le gouvernement supporterait les régions dans leur développement, il maintiendrait l’imputabilité du ministère qui gère la forêt au nom de toutes les Québécoises et de tous les Québécois et il maximiserait les retombées de l’exploitation forestière afin que la forêt redevienne une richesse collective.

Conférence de pressePour ce faire, le MRNF doit accroître sa présence en région. « En ayant une plus grande présence sur le terrain, les fonctionnaires du ministère seront en mesure de valider le respect des droits de coupe octroyés et le respect des normes d’exploitation et d’aménagement. Ils pourront aussi effectuer des travaux de mesurage et d’échantillonnage afin de valider les travaux de recherche et de développement. En retournant les techniciens forestiers sur le terrain, ces derniers pourront utiliser des indicateurs quantitatifs plus actuels pour suivre l’évolution réelle de la forêt et non l’évolution statistique prévue par des logiciels qui calculent toujours sur la base du passé », a expliqué Lucie Martineau.

Des états généraux sur la décentralisation

Par ailleurs, la présidente générale du SFPQ déplore que le livre vert du ministre Béchard omette de préciser quels organismes régionaux se verraient confier de nouveaux pouvoirs en matière de gestion de la forêt. Elle rappelle que le débat sur la décentralisation achoppe généralement sur la question à savoir qui, des MRC ou des CRÉ, obtiendraient de nouveaux pouvoirs. « Or, ces deux instances souffrent d’un grave déficit démocratique puisqu'aucune des personnes qui y siègent n’a été directement élue pour le faire. Les citoyennes et les citoyens ignorent généralement les positions adoptées par leurs représentants », a souligné Lucie Martineau.

À cet égard, le SFPQ rappelle que la Coalition pour un Québec des régions pose un diagnostic très percutant et propose un modèle de décentralisation qui s’appuie sur un véritable gouvernement territorial. Pour Lucie Martineau, ce modèle est digne d’intérêt et doit être inclus dans un débat public sur la décentralisation. « Les citoyennes et les citoyens du Québec doivent comprendre ce qu’est la décentralisation et en quoi elle les affectera. En ce sens, notre syndicat supporte la revendication de la Coalition pour un Québec des régions qui demande la tenue d’états généraux sur la question », a conclu la leader syndicale.


Profil du SFPQ


Le Syndicat de la fonction publique du Québec est une organisation syndicale indépendante regroupant plus de 43 000 membres. Le SFPQ représente principalement les travailleuses et les travailleurs de la fonction publique québécoise oeuvrant dans les catégories d’emplois suivantes : personnel de bureau, techniciens et ouvriers.

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SOURCE :

Stéphane Caron
Responsable des relations avec les médias
Cell. :  (418) 564-4150

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