Le SFPQ réagit

Le SFPQ s’inquiète de l’apparence de conflits d’intérêts.D’autres contrats pour la compagnie du ministre David Whissell

Québec, le 31 août 2009 – Le SFPQ est renversé d’apprendre que des contrats d’asphaltage ont été obtenus sans appel d’offres par une entreprise dans laquelle le ministre du Travail, David Whissell détient des parts. Selon un reportage diffusé sur les ondes de Radio-Canada, des contrats totalisant plus de 800 000 dollars ont été alloués à la compagnie ABC Rive-Nord sans tenir compte des règles imposées par le Conseil du trésor. « Voilà une situation qui nous inquiète au plus haut point. Les processus d’appels d’offres existent pour éviter le favoritisme et le copinage. Dans ce cas-ci, non seulement il a été court-circuité, mais encore pire, c’est pour favoriser l’entreprise de monsieur le ministre », s’est insurgé la présidente générale du SFPQ, Lucie Martineau.

L’histoire se répète

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise ABC Rive-Nord se voit confier un contrat avec le ministère des Transports dans des circonstances nébuleuses, rappelle le SFPQ. Au printemps dernier, le MTQ avait décidé d’écarter les ouvriers du ministère afin de confier en sous-traitance l’entretien d’une portion de l’autoroute 50 dans les secteurs de Lachute et de Mirabel, à la compagnie du ministre David Whissel. Le SFPQ avait dû mettre en demeure le ministère pour avoir violé les dispositions de la convention collective qui prévoient que le sous-ministre doit consulter le Syndicat, et ce, dans un délai d'au moins trente jours avant l'appel d'offres pour lui permettre de formuler ses recommandations.

Même après avoir fait la démonstration que le maintien de l’entretien de cette portion de route par les employés de l’État ne coutait pas plus cher que par la firme du ministre, le gouvernement a décidé d’aller de l’avant. « Il faudra déplacer des ouvriers du ministère vers un autre centre de service et retirer un contrat à un autre sous-traitant, tout ça pour permettre à la firme appartenant à un ministre d’obtenir un contrat avec le gouvernement. L’État doit gérer les deniers publics efficacement. On a démontré que ce n’était pas plus cher avec nos syndiqués. S’il manque d’ouvriers pour faire le travail, que le ministère en embauche ».

Cette nouvelle affaire d’octroi de contrats entre l’État québécois et une compagnie appartenant à un ministre du gouvernement Charest, amène la présidente générale du SFPQ à cette conclusion : « Les ministres ne devraient pas détenir d’actions dans des entreprises qui font des affaires avec le gouvernement. Malheureusement, avec la loi qui le permet, c’est loin d’être la dernière affaire de ce genre, on en a la preuve aujourd’hui ».

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SOURCE : 
Éric Lévesque
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